L’aplaventrisme scandaleux de la diplomatie algérienne

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La diplomatie algérienne est sans aucun doute devenue l’une des plus incompétentes de part le monde. De manière quasi sadomasochiste, les ministres des Affaires étrangères successifs ont réussi à faire en sorte que le passeport algérien ne vaut plus que du papier toilette. Comment? Grâce à un aplaventrisme récurrent et particuliément exprimé quand en présence de diplomates de pays tiers.

Un escadron de la police judiciaire à El-Biar, un quartier d’Alger, a fait l’objet de dérision en février sur les réseaux sociaux lorsqu’un certain nombre d’officiers ont procédé à l’arrestation d’un coq qui aurait “dérangé” une voisine, initialement rapporté comme étant une diplomate italienne.

Dans la vidéo largement commentée sur les réseaux sociaux, le propriétaire du coq raconte comment cinq policiers ont frappé à sa porte, lui ont fait savoir “nous avons un ordre pour arrêter le coq”, ont poursuivi le coq et ont fini par l’arrêter. Le coq n’aurait plus fait signe de vie et dans la vidéo, son propriétaire a plaidé pour des informations qui pourraient conduire à les réunir.

Plus tard, l’ambassade d’Italie a nié que la plaignante dans cette histoire était une diplomate italienne, tout comme la police, bien qu’il faut garder à l’esprit que tout ce qui sort de la police algérienne doit être pris avec un gros grain de sel. Qu’il soit vrai ou non, ce comportement soumis n’est pas nouveau pour les autorités algériennes. En Algérie, les étrangers sont à peu près autorisés à enfreindre la loi, des incivilités de conduite les plus subalternes aux infractions les plus graves comme battre un enfant ou frapper un policier et s’en tirer, comme dans le cas du fils d’un diplomate malien qui en 2012 avait tabassé un enfant de 12 ans au niveau du Lycée Descartes.

En revanche, les autorités étrangères ne cherchent pas beaucoup à plaire aux missions diplomatiques algériennes, comme le rapporte une source crédible à l’ambassade d’Algérie à Londres: «Une fois, l’ambassade s’est plainte aux autorités britanniques des sans-abri qui dorment aux portes de l’ambassade; les autorités britanniques les avisèrent: ici au Royaume-Uni, ce n’est pas comme en Algérie, même les sans-abri ont des droits et il n’y a rien que nous puissions faire pour leur demander de partir ». Une gifle pour l’ambassadeur d’Algérie le plus initule sur terre, en l’occurrence Amar Abba, élu diplomate de l’année au Royaume-Uni par le Diplomat Magazine, un média réputé proche de l’ambassade d’Israel, et ceci, comme un grand merci pour les milliards de dollars engrengés par les autorités britanniques dans l’industrie de l’armement et des systèmes de surveillance que ce bonhomme a facilité. S’il y’a autant de prisonniers politiques en Algérie actuellement, c’est bien quelque part grâce aux technologies de surveillance vendues par le Royaume-Uni aux services secrets algériens.

De retour à Alger, les missions étrangères sont protégées par des policiers financés par le contribuable, même lorsque la menace pour ces missions est quasiment inexistante. Pour humilier davantage le citoyen algérien, les missions étrangères sont autorisées à imposer des interdictions de photographie en dehors de leurs locaux, sur la voie publique.

Il y’a bien plus grave. En 2014, Adel Saadani, le fils d’Amar Saadani, un “politicien” notoirement corrompu, et ex-pompiste, soupçonné d’avoir détourné 300 millions d’euros, a menacé un diplomate du consulat d’Algérie à Londres, Lyes Amissi, “d’acheter du Viagra, de prendre un avion et de sodomiser” le diplomate. Ces menaces ont été adressées au diplomate qui avait demandé à la sœur d’Adel Saadani, Selma Saadani, de suspendre ses retards journaliers et son refus de travailler autant que les autres employés.

Ailleurs, en France, le personnel de l’ambassade d’Algérie a décrit comment l’ambassadeur Salah Lebdioui a demandé un autographe à Emmanuel Macron lors de sa première rencontre avec ce dernier dans le cadre de son accréditation. Un geste pathétique mais peu surprenant.

Pourquoi ce complexe d’infériorité pourriez-vous demander? En termes simples, les diplomates algériens sont chargés par les hauts responsables de l’armée et les services secrets de servir autant qu’ils le peuvent les autorités étrangères, la logique étant que s’ils ne les offensent pas, ils n’enquêteront pas sur leurs comptes bancaires ou sur les actions de leurs fils et filles à l’étranger.

C’est pourquoi, en l’absence d’un Etat digne de ce nom, le Algiers Herald a décidé de prendre les choses en mains en lançant une initiative qui bénéficiera la diplomatie algérienne à long terme.

Une campagne de sensibilisation du Algiers Herald pour former les diplomates algériens.

La plupart des diplomates algériens ont étudié à l’École Nationale d’Administration, une pseudo école tenue au mieux comme un salon de coiffure, au pire comme une sorte de maison close. À la lumière de ce qui précède, le Algiers Herald a pris l’initiative de collecter des fonds au nom de toutes les missions diplomatiques algériennes à l’étranger, afin d’offrir des cours gratuits aux diplomates algériens, des cours dispensés par des experts dans le domaine des relations internationales. Le Algiers Herald contactera des milliers d’ambassades et d’entreprises étrangères pour les faire participer à cette initiative, que ce soit par le biais d’un financement ou d’un soutien logistique. Plus de détails sur cette campagne à suivre dans les prochaines semaines.

Vous pouvez d’ores et déjà faire un don ici (en utilisant la référence «Sauvons le passeport algérien»).