Discussion avec Adel Khalef: TIC, paiements électroniques et solutions pour une sortie de la crise politique en Algérie

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Adel Khalef est directeur d’Algerie Advice, un cabinet de conseil très actif dans le domaine des TIC en Algérie. Nous lui demandons son avis sur une variété de sujets, y compris la situation que vit le pays actuellement.


  • Comment décririez-vous la situation des TIC en Algérie?

La réponse est simple, le secteur des TIC en Algérie connais pour moi un retard de 10 années sur sont vrai potentiel.  Nous n’avons aucun paiement électronique via le parc  des smartphones (M payment) nous n’ avons aucun choix sur les ISP mais juste un seul  à savoir Algérie Télécom, nous avons un taux de débit internet fixe classé parmi les derniers dans le monde, nous n’avons même pas lancé les MVNO (mobile virtual network operator) pour redynamiser le marché et les services à valeur ajoutée, nous avons un débit 4G catastrophique surtout côté de l’opérateur historique Mobilis, nous n’avons pas réussi à mettre en place la certification électronique PKI et ce pour sécuriser le net, et j’en passe, c’est un véritable désastre.   

  • Comment faisons-nous, pour ainsi dire, par rapport à nos plus proches voisins, le Maroc et la Tunisie? 

Le Maroc nous surclasse, la Tunisie aussi, la preuve la SATIM qui est le processing centre pour les banques en Algérie a été édifiée et mise en place sur mesure par rapport à son modèle de référence tunisien à savoir la SMT (Société De Monétique Tunisienne). Les banques tunisiennes ont lancé la monétique et dématérialisé le cash depuis 20 ans afin de mieux répondre aux dépenses de leur touristes étrangers qui eux n’utilisent pratiquement que des cartes bancaires.  

Même choses pour le Maroc, identique, voir même mieux, la preuve, dés que les banques en algérie lancent un avis d’appel d’offre pour acquisition de solution de paiement électronique, solution monétique, vous voyez trois ou quatre sociétés marocaines soumissionner, je peux même vous dire qu’ils ont des solutions exceptionnelles qui sont utilisées dans les plus grandes banques du monde. Montrez moi une seul éditeur de solution monétique algérien? Aucun. Un retard abyssale. 

Quant à l’ Internet fixe, prenez le cas de Maroc Télécom, classé parmi les meilleurs au monde et meilleur en Afrique, mais il y’a aussi Orange qui a repris Meditel, il y’a INWI, bref , ils ont une panoplie de choix de fournisseurs d’accès à internet et ils offrent tous un service tout simplement époustouflant en qualité, un débit hors normes en Afrique, rien à dire ils sont loin devant nous.  

  • La vitesse du débit internet a fait l’objet de nombreuses critiques ces derniers temps en Algérie, du fait qu’elle figure parmi les plus faibles au monde. Pourquoi pensez-vous que cest le cas?

Le problem principale n’est  pas technique mais managerial ,c’est un problem humain au top management. Il n’y a pas de vrai managers. Coté ministère des TIC il n’y a pas de vrai décision de diversifier le marché et d’offrir aux algériens ce qu’ils méritent. Pour moi le secteur des TIC est la seule voie de croissance et levier de l’économie, le numérique régule le monde aujourd’hui, nous en Algérie le TIC nous l’avons limité simplement à connecter et à faire des appels, c’est affligeant.  

  • Quelles recommandations feriez-vous au futur président du pays?

S’entourer de compétences avérées et de vraie professionnels, c’est très loin d’être le cas aujourd’hui. 

  • Maintenant, en ce qui concerne les paiements électroniques, pourquoi pensez-vous que les détaillants ont du mal à adopter les nouvelles technologies? Les banques émettent des cartes à peu près à tous les titulaires de compte. Pourtant, leur utilisation semble être limitée aux retraits en espèces plutôt qu’au paiement en magasin, par exemple. Peut-on faire quelque chose pour encourager les détaillants à adopter les paiements électroniques? 

Comme je l’ai déjà dis plusieurs fois dans le passé, ceci est une question de culture, une question de savoir faire et de stratégie, une question de sensibilisation envers le peuple. Ce n’est pas du tout une question de convaincre les détaillants car eux sont à la merci des consommateurs. Si le peuple en masse décide d’utiliser la  carte bancaire pour payer alors le détaillant n’aura pas le choix que d’accepter. Il y’a un dicton qui dit  “vous pourrez trainer un âne jusqu’à la rivière, mais vous ne pourrai jamais le forcer à boire”. Aujourd’hui les détaillants font la loi parce que les consommateurs algériens ne sont pas strictes.  

Les responsables de la monétique en Algérie se sont précipité à investir des centaines de million d’euros dans les équipements alors que le problème est ailleurs. Il faut savoir parler aux Algériens, leur expliquer que payer par carte est bien meilleur pour eux et ce sur tellement de points. Mais aussi , que les autorités comprennent une bonne fois pour toute, seuls les vrais professionnels de la monétique feront démarrer la monétique en Algérie, surtout pas ceux qui sont en postes, surtout dans le secteur publique. Je fais aussi rappeler aux autorités qu’une fois la monétique lancée profondément dans la société algérienne, ceci éliminera près de 40 % l’argent de l’informel et fera aussi chuter le taux de change du marché parallel de la devise. Il faut convertir l’argent physique vers l’argent technique, c’est-à-dire vers de l’écriture bancaire, le grand échec des responsables de la monétique dans le secteur public aujourd’hui, c’est qu’ils ne sont pas capable de réconcilier l’algérien avec la banque. Ça c’est un travail de fond, un travail de psychologie et enfin bien après, un travail technique, trouver les mécanismes de comment et par quel biais lancer la consommation, comme par exemple explorer le parc des 25 millions de porteurs de smartphones en Algérie, le GSM est la base de lancement de la monétique, le M Banking notamment.

Voyez-vous, nos responsables du secteur public pensent qu’on achetant les plus belles voitures ils conduiront en sécurité, il n’ont pas compris que tout est une question de culture et non de dollars qu’ils ont jeté par la fenêtre à cause de leur incompétence total en management. 

  • Mr KHALEF , que pensez vous de la situation économique actuelle de l’Algérie qui semble impactée par les événements récents et notamment en cours de cette période électorale ?

De toute évidence , je ne pense pas que la différence soit si énorme que cela comparé à avant février de cette année, on ne peut pas dire qu’avant le départ du président déchu que nous avions une économie sereine ou en bonne santé, bien au contraire, l’économie algérienne n’a malheureusement pas du tout changé comparé à il y’a dix ou vingt ans. Je dirai même que la situation est désastreuse sur les réserves de changes de l’Algérie, ceci parce que nous n’avions pas été capable de diversifier nos investissements notamment chez nous et à l’étranger également.

Nous aurions pu placer nos richesses sur des projets structurant à l’étranger à l’instar du Qatar, ceci nous aurait fait générer tellement de devises et permis de mettre en œuvre la co-localisation pour en faire bénéficier le marché national , former les jeunes et transférer le savoir faire. Au contraire, nous sommes resté figé sur l’importation, hélas, un pays qui ne produit pas c’est un pays qui importe tout, et par conséquent c’est un pays qui s’appauvri de façon continue.

Pour revenir à  la situation actuelle, je dirai qu’il y’a plutôt un ralentissement qu’autre chose, mais c’est un ralentissement de ce qui déjà n’était pas franchement de la croissance.   

A cause du blocage politique et à l’absence d’un president fixe et d’un gouvernement de compétences avérées, les institutions de l’état comme les banques par exemple sont gelées, les administration en mode stand-by, par conséquent,  l’industrie asphyxiée, les décisions bloquées, le fisc patine, le trésor public saigne avec une hémorragie incontrôlable, aucune initiative n’est prise et le pire de tout, c’est que nos concitoyens sont plus figés sur la situation politique au lieu de se dire qu’il serait temps que le navire Algérie trouve un président et que ses institutions redémarrent. 

De grâce, arrêtons cette saignée et mettons nous au travail. Il faut impérativement et immédiatement installer un président de la république et un nouveau gouvernement de gens professionnels et experts pour donner un souffle nouveau à notre pays en peine et blessé. Après cela, nous pouvons  apporter des changements supplémentaires si y’a lieu. L’un n’empêche pas l’autre. Qui peut dire le contraire ?

Comme vous le savez,  les pays qui subissent une crise politique s’en sont sortie qu’ après plusieurs années, on n’arrange pas les choses par coup de baguette magique comme demandé par beaucoup de gens, et qui de surcroît, aujourd’hui un mouvement qui est entrain de générer mille et un nouveaux problèmes tout azimut totalement déconnecté de sa substance principale de départ, à savoir l’annulation d’un 5 ème mandat et le changement des choses. Nous nous sommes retrouvé dans des histoires de drapeau berbère par ci, à rejeter les interventions de notre armée nationale par la, etc. franchement c’est irrationnel, irresponsable et incompréhensible. 

L’armée est la seule et unique valeur sure et éternelle de notre nation et de ses principes relatifs à novembre 1954, pour moi toute personne qui ne s’identifie pas à novembre 54 et à l’armée de son pays est une personne qui coupe ses liens avec sa nation et sa république, indépendamment de sa culture ou origine berbère, Chaoui, mozabite etc. 

Il faut se mettre à l’évidence qu’il  faut du temps, beaucoup de temps pour redessiner la destiné d’une crise nationale, mais ceci doit se faire en avançant et non pas en étant à l’arrêt. Je pense et je dis qu’il faut absolument élir un président immédiatement, former un tout nouveau gouvernement, des têtes nouvelles de compétences avérées, et ensuite remettre la machine en marche pour commencer les vrais travaux et remonter la pente, la nous subissons la loi de l’apesanteur de plein fouet. 

En parallèle pour le plus grand bien du Hirak, rien n’empêche le peuple de continuer à faire entendre sa voix de chaque vendredi via un canal raisonnable. Il y’a pour cela le parlement qui peut s’adapter beaucoup plus au peuple par des nouvelles concessions, les élus seront tiré au volet fin pour mieux servir le peuple et de  façon efficace. A cet effet, la Hirak pourra se faire entendre tout les jours, et non pas les vendredis uniquement. 

Il y’a toujours des solutions quand il y’a de la réflexion et de la matière grise, pour bien réfléchir il faut se calmer et être responsable, rationnel, réaliste, pas en rage constante non atténuée en crachant du feu dans tout les sens. 

Je dis que le Hirak doit maintenant s’orienter vers les vrais intérêts de notre pays en cours, en ce moment tout ses tires groupés ont pour conséquence les impacts collatéraux , l’Algérie prend un coup si dur sur l’aspect financier, économique et surtout diplomatique, le trésor public bientôt ne pourra même plus payer les retraités, ensuite nous allons faire quoi? Prier que l’argent pousse dans les arbres ?   

Il faut arrêter cette saignée et regarder les choses en face avec une tête froide, il faut se retrousser les manches, il faut travailler, j’insiste et je fait appel à mes sœurs et frères, continuous le débat mais sous forme structurée et raisonnabl , respectons l’état car c’est notre état à tous, donnons une forme juridique et administrative au Hirak, non pas dégénérative, insensée et dispersée, révolutionnons la politique et le cri du peuple en lui donnant une forme juridique réelle. Je dis qu’il faut que nous mettions les pieds dans de l’eau fraîche. Voulons-nous le bien de ce pays oui ou non? Alors que faisons-nous la à sortir sortir sortir et déserter nos foyers? nos bureaux, nos responsabilités? Que faisons nous la à aggraver la situation de l’économie nationale, à creuser plus profondément notre tombe en causant l’aggravation du déficit budgétaire de l’état ? Nous devons maintenant regarder devant nous et mettre le cap sur la croissance, sur la reprise, sur l’amélioration des conditions de vies des algériens en Algérie et hors Algérie, à réformer nos lois et à redonner un nouvel élan à notre pays.  

Je préconise et je fais appel au Hirak, trouvez immédiatement  des représentants dignes et sérieux, se mettre en face des autorités et parler ouvertement, je suis certain que notre prochain président et même le président actuel lui donnera toute l’attention méritée et volonté d’avancer ensemble pour accéder à la demande du peuple mais aussi à celle des autorités, quitte à ce qu’un candidat en fasse le produit de sa compagne, le président actuel et le prochain sont ici pour servir le peuple et non pas lui-même, c’est son travail d’écouter le peuple et d’accéder à ses demandes après études soigneusement faites, arriver à une décision commune et se serrer la main pour actionner la sortie immédiate de la crise. 

Aujourd’hui le Hirak en étant dans sa forme actuelle fait plus de mal à lui même car c’est le peuple en question qui se fait du mal, et par ricochet fait plus de mal que de bien à l’Algérie entière et même à la région, c’est nous tous le peuple qui représentons l’Algérie, c’est nous tous qui sommes impactés, les pays étrangers nous pointent tous du doigt car nous étions le pays unique qui a survaicu au printemps arabe ,aujourd’hui nous sommes cité comme le pays qui redéfinis la crise interne en lui redonnant un nouvel élan, grâce au Hirak nous jouissons actuellement d’une réputation exceptionnelle à l’étranger pour notre pacifisme et sens de la paix, des millions sortent dans les rues mais pas une seule branche d’arbre cassée, ceci a son pesant d’or, le monde nous admire. Plus que cela, récemment pendant la CAF les supporteurs algériens à l’image du Hirak se sont tous mis à nettoyer leur gradins dans les stades à la fin de chaque match de notre équipe nationale, le monde entier la FIFA y compris se sont incliné face à cette action chelavesque de notre grandissime peuple, je suis si fier d’être algérien car ce comportement est digne de notre histoire, c’est cela notre étiquette, le pacifisme.  

Ça suffit , il faut arrêter et maintenant avancer et en court du chemin apporter des changements progressifs et utiles pour faire plaisir et respecter les demandes du Hirak, mais le 12 décembre il faut aller voter et mettre un capitaine au navire Algérie, car la côte est à vue, je vous le dis, la côte est à vue d’œil et au lieu d’accoster,  nous allons nous échouer, est-ce à cela à ce que nous aspirons? NON. 

Alors je le dis et je le répète, je demande à mes concitoyens, allons voter même si c’est pour un candidat qui ne fait pas l’unanimité, mais ensuite faisons en sorte à mettre des conditions au prochain président pour faire écouter et respecter la volonté du peuple. Aujourd’hui nous sommes dans une situation de mélasse qui a réussi à  faire perdre le nord à la boussole. Nous avons évoqué un problème, ensuite rajouté d’autres problèmes insensés au problème, et la nous sommes entrain de se tirer les uns sur les autres dans un labyrinthe de façon dégénérative. Il faut arrêter immédiatement cette mascarade et se réveiller, soyons raisonnable, sérieux et responsable, l’Algérie a besoin de nous, pas le contraire. 

Nous faisons trop de mal à notre pays et nous aggravons la situation si nous n’allons pas voter.  Quand vous avez une blessure vous la soigner, non pas tourner le couteau dans la plaie  comme certains le font en évoquant des réclamations n’ayant rien à voir avec le problème de fond à savoir l’émergence de l’état et du pays.  

Je sais que beaucoup ne vont pas aimer lire cela parce qu’ils sont figés sur leur idéologies surréalistes, aussi parce que en ce moment les algériens réagissent sur la pulsion, d’où le manque de tête froide, mais croyez moi, il est préférable d’avoir un président temporaire qui arriverait  de suite pour symboliquement relancer la machine quitte à s’engager à faire qun seul mandat, qu’il s’engage donnant donnant avec le peuple en négociant avec les représentants du Hirak,  ensuite le peuple si y’a lieu, disons il votera pour un autre président qui émergera encore, qui sera très jeune peut être et qui sera extrêmement  idéal, mais tout ceci pendant que l’Algérie soit sur sa vitesse de croisière, sur ses railles, pas sur des cales.  

Jusqu’à six mois en arrière nous avions la charrue sans les bœufs, la nous avons même retiré les roues à la charrue. Est-ce cela la volonté de notre peuple ? Je ne pense pas. Franchement, je suis moi-même très perplexe quant à la position du Hirak aujourd’hui, je suis moi-même une petite poussière qui fait parti de ce grand peuple, mais sincèrement, si je dois analyser la situation actuelle, je dirai pour ma part que c’est le le Hirak qui a triomphé sur la issaba ayant apporté un pansement à une Algérie qui était très malade, avec l’armée derrière ceci fut un succès total, la preuve, qui pouvait parler du Général Toufik avant? Personne, rien que son nom évoquait la terreur sur les citoyens, mais le Hirak a mis fin à cela et ceci est une signature de sa puissance. Rien de cela n’existait avant l’émergence du Hirak, avec l’armée, le Hirak a réussi l’impensable et ceci a mérité l’admiration du monde entier. 

Hélas aujourd’hui, le Hirak a quelque peut déraillé et s’est retrouvé dans des histoires sordides qui ne sont pas du tout des histoires algero- algériennes. Le Hirak auquel moi-même j’aspire est celui de février / mars, celui qui à commencer par demander le NON au 5ème mandat, le départ des têtes de la Issaba, etc. À cela, l’armée a été honorable, les têtes ne sont t’ils pas toutes parties ? Si, à 99%, même qu’ils ont été incarcéré, les têtes pourtant encore intouchables à peine huit mois en arrière ont été éliminées, ça pour moi c’est une extraordinaire volonté de l’armée envers le peuple, mais en contre partie, ne pensez-vous pas que l’armée mériterai aussi que le peuple lui renvoi l’ascenseur? Soyons réalistes, soyons honnêtes envers nous-mêmes, nous sommes ici tous ensemble au milieu d’une pagaille généralisée, au lieu de faire le ménage de façon collégiale, nous ne faisons qu’empirer la situation, après quoi? Que souhaitons nous? Le pourrissement? Est-ce vraiment cela voulu pour le meilleur de la nation?  Biensur que non. Alors, négocions et posons nous à table avec un esprit élégant, une dignité qui est tant notre étiquette, et parlons, négocions, la négociation c’est un art, la négociation c’est cette habilité de prendre et donner de l’argent à la poche d’autrui sans avoir recours à la violence, il faut négocier, mais pour négocier l’armée et l’état ont besoin d’un interlocuteur officiel et structuré, ce n’est pas du tout le cas du Hirak aujourd’hui, donc que le Hirak prenne forme légale structurée et qu’il se pose immédiatement à table pour faire des concessions à l’armée et vice-versa. Le 12 décembre c’est demain, il faut agir sur le champs. 

Allons voter et soyons responsables, il en est de intérêt de la nation qui prime sur le notre. Après l’horizon sera plus claire et bien plus clément quand on est en marche.   

  • Mr Khalef, suite à votre analyse ci dessus, selon vous, lequel des candidats vous semble le plus à même d’être le président idéal? Et puis vous-même, et surtout, que préconisez vous comme solution éventuelle pour une sortie de crise?

Sincèrement, pour ma part personnellement, je suis plus un pro jeunesse qu’autre chose, au demeurant, je n’ai évidement rien du tout contre les candidats qui ne m’intéressent pas, mais je pense que changement pour changement, allons y sur un candidat jeune. 

  • Vous voulez dire Azzedine Mihoubi? 

Je pense que Mihoubi est le plus habilité à prendre les choses en mains, même si cela ne sera pas du goût de certains, mais en même temps, il peut tout à fait s’engager uniquement pour un seul mandat, pourquoi pas? Il faut oxygéner les débats. Bien entendu, je respecte et je souhaite le succès à tout les autres, de toute façon, seule l’urne parlera.  

Mihoubi était ministre de la communication, je sais qu’il  il a une dimension présidentielle car il connaît les affaires de l’état actuellement, mais aussi, croyez moi je pense qu’il est beaucoup plus habilité à écouter les jeunes que ses concurrents, mais ceci n’est que mon avis personnel. Je pense qu’étant jeune, on comprend les jeunes, on écoute les jeunes, certainement qu’il commettra quelques petites erreurs, mais qui n’en commet pas? Je n’ai pas peur car il y’a beaucoup de conseillers dans l’état, des hommes politiques de très haut niveau qui seront autour du président pour le guider et pour l’assister sur les meilleurs routes à prendre.  

Regarder l’exemple de la France, l’Autriche, la Grèce, leur leaders sont si plein de jeunesse, avec un regard vif et pétillant, énergétique, prêt à bondir à tout les enjeux. L’Algérie a besoin de sang neuf et surtout du sang jeune. 

Je récapitule et conclus sur un seul point que j’estime capitale et avant tout la seule priorité numéro un, arrêtons de nous débattre dans tout les sens, allons voter le 12 décembre, élisons un président, remettons la machine Algerie en marche, redémarrons et apportons ensuite des réglages progressifs ensembles. Mais redémarrons…  

Je pense qu’à ce moment, nous devrions peut être souhaiter qu’il pourrai y avoir un consentement entre le Hirak et le future president via le consentement de l’armée car c’est elle la vraie garante de l’intérêt national. Des concessions communes qui seront mises en place et qui apporteront le changement tant voulu à 100%, encore une fois, tout est possible quand les parties acceptent de se faire des concessions. 

Le vélo s’apprend en pédalant, pas en contemplant la bicyclette et n’osant pas se mettre sur la scelle. Il faut prendre le taureau par les cornes et aller faire face à ses responsabilités civiles et voter. 

Je prie Allah que l’Algérie aura un président le 12 décembre au soir, moi j’irai voter, et j’espère que mes concitoyens seront raisonnables et feront de même, mais encore une fois et surtout, restons responsables de nos actes. Nous le peuple somme responsable de notre  pays en panne. Sans vote, sans président, la panne s’aggravera. Allons voter et avançons ensuite.  

  • Concernant votre question , ce que je préconise? 

Je disais ici que la négociation était un art, effectivement, il faut composer  et se faire des concessions entre algériens, entre concitoyens, entre frères et sœurs. L’état est ici présent, mais le Hirak, s’il veut avoir une dimension continue, il faudrait qu’il soit guidé par des têtes pensantes, des paroles sages, des idées structurées, un objectif commun, l’émergence de l’Algérie. Moi je ne suis pas preneur de la situation actuelle, personne n’est preneur de cela.  

Moi je dis que le Hirak devrait accepter de faire des concessions à l’armée  et en contre partie , l’armee fasse des concessions au Hirak.    

Voici mon plan et mes recommendation au Hirak et aux autorités. 

Mettre en place un protocole d’accords signé par l’état sous la présence de l’armée, et le signataire du Hirak. 

Le Hirak s’engage via ses porte paroles à accepter de  déserter la rue, accepter les élections présidentielles et inciter le peuple à aller voter le 12 Décembre prochai, voter, élir un president le 12 décembre

En contre partie, le prochain président nommera un premier ministre, ce dernier formera son gouvernement, et puis, à ce state la, en contre partie, le premier ministre pourra faire intégrer dans son gouvernement deux ou plusieurs ministres du Hirak, par exemple le ministre de la solidarité nationale et ministre de l’industrie et des mines, et pourquoi pas la justice aussi, afin de porter haut ses valeurs. Rajoutons à cela, la relaxe des détenus d’opinion du Hirak immédiatement afin de mettre terme au calvaire de leur familles respectives.

En deuxième étape, le prochain président autorise la création et l’agrément d’un parti politique d’opposition qu’il soit baptisé le “parti Hirak”, ce parti aura le pouvoir de mettre son veto sur beaucoup de choses, en même temps, que le prochain président s’engage à faire qu’un seul mandat, dés  sa prise de fonction, dissoudre l’ APN, engager des élections législatives anticipées, la le Hirak pourra donc à ce moment là se positionner et avoir autant d’élus siégeant au parlement qu’il en gagnera dans l’urne, ainsi le Hirak sera présent  de façon légale et professionnelle.

A travers cette solution,  le Hirak sera toujours présent et aura sa part à dire. Le Hirak et l’armée ont de quoi être réconciliés car l’armée est la pour garantir la voie du Hirak, donc celle du peuple. 

Voilà comment on négocie, donnant donnant, gagnant – gagnant, deal de gentlemen.   

Qu’il (Hirak) prenne notion que une fois devenu existant sous forme officiel en étant un parti politique il pourra déserter les rues de suite et que la vie reprennent pour le bien de tout le monde.   

Prenons l’exemple du premier ministre éthiopien, nommé prix Nobel de la paix 2019, c’est sa récompense suite à la réussite de la réconciliation spectaculaire qu’il a initiée entre son pays et l’Érythrée voisine, il a œuvré d’une façon si élégante et magistrale à impulser un nouvel état d’esprit dans le pays, alors je pose la question, pourquoi pas nous ?   

Je conseil au Hirak et à mes frères et sœurs de prendre une dimension officielle, légale, raisonnable, respectable, faisons un pact de paix avec les autorités, acceptons de faire des concessions l’un à l’autre , et allons voter le 12 décembre, redémarrons. Nous n’avons pas un pays de rechange et l’Algérie passe avant tout.  

Nous n’avons pas besoins d’un coup de pouce du sort, notre destin est entre nos mains, nous n’avons besoin de personne et encore moins l’intervention du parlement européen.

Si nous décidions de nous poser à table, nous allons nous en sortir au grand dam de beaucoup qui se trouvent hors de nos frontières et qui veulent et œuvrent activement pour une Algérie incendiée. Ceci n’arrivera pas, l’Algérie a ses hommes, ses enfants, et le peuple algérien triomphera.  L’Algérie a survécu à tant de colonisateurs, survécu à la décennie noir et survécu au printemps arabe, alors que le monde le sache et le comprenne bien, l’Algérie survivra à tout, sinon au cas contraire, j’estime que ceci est une trahison sèche et insulte à nos martyrs. Pour moi si nous n’acceptons pas de nous faire des concessions et si nous n’allons pas nous serrer la main alors j’estime que nous avons décidé de tourner le dos à notre histoire et enterrer nos valeurs. Allons faire des concessions, et demandons en retour, allons voter. La balle est dans notre camps, pas dans celui des autorités et l’armée. 

J’espère que cette modeste proposition de sortie de crise sera lu à tête froide, accueilli avec sagesse et flexibilité, et de la part des autorités, et de la part de nos concitoyens. Lisez à tête reposée et non sous la pulsion.   

1 Comment

  1. Salam.
    Moqi je ne veux pas voter , je ne vais pas voter , Parceque c’est de traîtres et des criminels.

    Mais si jamais c’est vrai ce que vous dites Mr Khellaf, alors est-ce que vraiment vous pensez qu’ils vont libérer les détenus et accepter que le hirak soit dans le gouvernement ?

    Est ce que vous même vous êtes un envoyé de l’état ou de l’armée ?

    Moi j’aime beaucoup votre idée , mais est de que vraiment c’est sérieux ? Si oui alors je suis ok pour voter

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