Bavure de l’armée algérienne à Tamanrasset, la version officielle décrédibilisée

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Les forces militaires algériennes ont blessé un certain nombre de manifestants et en ont tué une personne lorsque des balles réelles ont été utilisées dans la ville frontalière de Tinzaouatine, dans la région de Tamanrasset.

Des sources du Algiers Herald sur le terrain ont confirmé ce qui avait été rapporté plus tôt dans les réseaux sociaux. Selon des informations vérifiées, les manifestants étaient venus réclamer de meilleures conditions de vie, notamment l’accès à l’eau potable, chose restreinte depuis un certain temps.

La victime a été identifiée comme étant Ayoub, un adolescent de 18 ans. Bien que l’armée ait rapidement nié le meurtre de l’adolescent, sa version des événements ne correspond pas à ce qui a emergé depuis sur les réseaux sociaux. Des vidéos de la scène montrent un certain nombre de soldats encerclant la victime allongée par terre. Les habitants de la ville très reculée se sont également tournés vers les réseaux sociaux pour démentir les “fausses allégations” faites par l’armée, qui avait déclaré que l’adolescent faisait partie d’un gang criminel. Il convient de noter qu’il est devenu pratique courante pour l’armée ou les forces de police de nier tout acte répréhensible dès que les abus sont rendus publics. Selon les habitants de la ville, la manifestation à laquelle ils participaient étaient une manifestation pacifique et leur seule demande était que les autorités leur permettent d’accéder à une rivière voisine, un approvisionnement en eau essentiel coupé aux habitants l’année dernière.

L’adolescent de 18 ans assassiné par des éléments de l’APN.

Selon des témoignages, des balles en caoutchouc ont également été utilisées. Au cours du week-end, un certain nombre d’arrestations ont été opérées par les services secrets algériens à travers le pays, craignant un retour des manifestations pro-démocratie suspendues en raison de l’éclosion de la Covid-19.

Les Algériens sont sortis en février 2019 pour exiger un changement radical et manifestent depuis, jusqu’au début de la pandémie de la Covid-19. En conséquence, la junte militaire au pouvoir a profité de la pandémie pour régler ses comptes avec les militants pro-démocratie par le biais d’arrestations arbitraires, de harcèlement judiciaire, etc. Pour la majorité des Algériens, l’actuel président, coopté par l’armée, Abdelmadjid Tebboune, dont le propre fils a été emprisonné pour trafic de cocaïne, n’est qu’un 5ème mandat qui ne porte pas son nom. Nommé par le défunt chef de l’armée Ahmed Gaid Salah, Abdelmadjid Tebboune a du mal à remédier à son manque de légitimité.

Selon des analystes politiques, le régime, confronté à un mouvement révolutionnaire pacifique, cherche à inciter les manifestants à s’engager dans la violence afin de déstabiliser le pays et resserrer son emprise sur le pouvoir.