Le Parisien / Une série d’abus ternit l’image de la diplomatie algérienne

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Dans une longue enquête sur les abus commis par l’ambassade algérienne en France, le quotidien Le Parisien révèle que celle-ci a été condamnée “plusieurs fois” pour des actes de violence envers ses employés et le non-respect du code du travail français, mais “l’Etat algérien refuse d’indemniser les victimes”. Un cas sinistre très similaire à celui survenu à la mission algérienne à Londres et sur lequel nous avons rendu compte récemment.

Pour Le Parisien, l’Algérie se cache derrière son statut d ‘«État souverain» pour enfreindre la loi. Le journal français a recueilli le témoignage de Abdelkrim, 53 ans, père de deux enfants et ancien employé de l’ambassade d’Algérie. L’homme a gagné sa cause devant le tribunal qui a condamné l’État algérien à payer près de 100 000 euros pour licenciement abusif et paiements non déclarés. «Adbelkrim travaillait souvent plus de 15 heures par jour, sans compter ses heures supplémentaires. Mais il a reçu pour cela un versement de 400 euros chaque mois depuis son embauche directe sur son compte bancaire. Sans cette somme sur son bulletin de salaire. Et donc sans que l’Algérie paye les charges dues », a ajouté le journal.

Anis, âgé de 37 ans, père de deux enfants à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), “a reçu un salaire de 13e mois en décembre, transféré sur son compte bancaire sans aucune declaration des autorités algériennes”. Devant les tribunaux du travail, cet agent administratif a fourni ses relevés bancaires et ses bulletins de salaire. Là encore, la Cour a noté que «l’employeur a versé des sommes non déclarées aux organisations sociales».

Une autre victime a été étranglée par un diplomate en présence de plusieurs témoins, sans qu’aucune mesure disciplinaire ne soit prise à l’encontre de l’auteur, rapporte Le Parisien.

Un diplomate algérien s’attaque à des manifestants pacifiques devant le Consulat de Créteil.

Plus souvent qu’autrement, de tels licenciements sont dus à des fils et des filles des dignitaires du régime à la recherche d’un emploi, incapables de rivaliser sur le marché du travail Européen. Ces dignitaires appellent les chefs des missions algériennes et leur ordonnent de faire de la place pour leurs proches. Avec un nombre limité d’employés, il n’est pas possible pour une mission diplomatique d’ajouter un membre du personnel, ou du moins très difficile… la solution? Licencier les ‘zawoualis’ pour les remplacer par des personnes plus proches du régime, en échange des faveurs accordées en Algérie, ou simplement en échange de ne pas perdre leur emploi.
 
L’ambassadeur d’Algérie en France est Abdelkader Mesdoua, un loyaliste de Bouteflika, qui le 4 mars dans une interview octroyée à une chaine française disait “Bouteflika n’a plus sa santé de vingt ans, mais il a toute sa tête de vingt ans”.
 
Ce n’est pas la première fois que le régime algérien est épinglé pour violation de la loi. À Londres, le consul d’Algérie, Kenza Benali a été nommé dans une action en justice intentée par un employé pour avoir impliqué ce dernier dans plusieurs fraudes.

Dans l’affaire de Londres, l’ambassade d’Algérie n’a pas versé à l’employé le salaire minimum légal pendant une période de 16 mois, un crime au Royaume-Uni, plus de 23 144 £ que les autorités illégitimes d’Algérie refusent de payer. De plus, le Consulat d’Algérie à Londres a proféré des menaces écrites à l’égard de la victime.

Noureddine Ayadi, secrétaire général du ministère algérien des affaires étrangères, est allé jusqu’à recommander au Consulat d’Algérie de présenter une demande de visa frauduleuse auprès des autorités britanniques comme solution pour régler le problème. Ceci a causé prejudice a la victime, qui s’est vu accusé d’avoir soumit une application frauduleuse.

English version can be found here.

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